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Conjoncture mensuelle

Retrouvez chaque mois la synthèse de la conjoncture établie par le CNIEL

Conjoncture au 25 août 2020

Monde

  •        La collecte cumulée des grands bassins laitiers exportateurs* poursuit sa croissance pour le 11e mois consécutif, avec une hausse de 160 millions de litres en mai 2020 par rapport au même mois l’année précédente. En juillet 2020, la collecte repart à la hausse aux Etats-Unis (+1,5%) mais la progression est principalement due à la hausse dans l’hémisphère sud, et plus particulièrement en Argentine (+68 millions de litres en juillet) qui bénéficie de conditions climatiques favorables.
  •        Au mois de juin les échanges de produits laitiers s’intensifient globalement. La demande de beurre reste élevée aux Etats-Unis (+51% d’imports en juin / 2019), tandis qu’elle se tasse en Chine après un début d’année particulièrement dynamique (+43% sur 6 mois 2020). L’UE28 est très active à l’export sur le beurre depuis le début d’année, et encore en juin (+73% en juin / 2019 et +69% sur les 6 premiers mois de l’année). Du côté de la poudre de lait écrémé, la situation est plus contrastée. Les Etats-Unis sont très présents à l’export (+25% sur 6 mois), à l’inverse de l’UE (-16% sur 6 mois). La demande est présente, mais les achats de la Chine, l’un des principaux acheteurs, sont en retrait (-12% sur 6 mois). La demande en fromage est plus forte en juin et les Etats-Unis voient leurs exportations de bondir (+28% en juin/2019). Les exportations de l’UE28 en fromages restent également dynamiques (+15% en juin/2019). La demande en lactosérum se renforce en Chine (+32% sur 6 mois) et cela profite notamment à l’UE28 avec des exportations en hausse de 16% sur 6 mois.
  •        Les cotations des principales commodités laitières sont en légère baisse sur le dernier mois. La poudre de lait écrémé départ Océanie se maintient à 2 700 $/t environ tandis que la cotation du beurre au départ Océanie perd 275 $/t en 4 semaines et la cotation cheddar perd 425 $/t sur la même période.

Europe 

  •        La collecte européenne continue de progresser pour le 12ème mois consécutif, elle s’accentue même en juin (+1,3% par rapport à juin 2019). Cette hausse marquée est due à la nette progression de la collecte en Pologne (+4,6%), ainsi qu’en Irlande (+2,9%) et aux Pays-Bas (+0,9%). La collecte française reste en retrait en juin (-0,5%) tandis que la collecte allemande retrouve une légère croissance (+0,2%). La progression reste significative sur les 6 premiers mois de l’année, à +1,1%/2019.
  •        Les exportations européennes (UE28) conservent un certain dynamisme sur les 6 premiers mois de l’année, exceptées pour la poudre de lait écrémé (-16% sur 6 mois). Les exports de beurre maintiennent leur niveau élevé (+69% sur 6 mois) et ceux de poudre de lait entier progressent nettement en juin (+38% par rapport à juin 2019). Les exportations de fromage et de lactosérum progressèrent également en juin (+15% et +22% respectivement). L’Union Européenne à 28 affiche donc de bons résultats de commerce extérieur comparativement aux autres grands bassins exportateurs (en particulier l’Océanie). Les résultats sont toutefois moins bons à l’échelle de l’UE 27 (hors Royaume-Uni) car les exportations de fromage et de beurre vers le Royaume-Uni ont sensiblement reculé sur les 5 premiers mois de l’année.
  •        Le prix moyen du lait payé à la ferme poursuit sa baisse en juin, excepté en Pologne. Le prix du lait se trouve environ 5% sous le niveau de juin 2019 en Allemagne, en Pologne et au Royaume-Uni.
  •        La Commission Européenne a adopté des règlements d’exécution pour la mise en place de mesures d’aide au stockage privé pour les fromages, le beurre et la poudre de lait écrémé. Le dispositif a été ouvert en France par FranceAgriMer le 12 mai. En date du 16 août, les contrats conclus d’aide au stockage recensés au niveau européen totalisent 62 260 tonnes de beurre dont 21 600 tonnes par les Pays-Bas, 12 400 tonnes par l’Irlande et 11 900 par l’Allemagne, ainsi que 17 700 tonnes de poudre de lait écrémé, notamment en Allemagne, aux Pays-Bas et au Portugal (la France n’a fait aucune demande pour la poudre de lait écrémé). Pour les fromages, les volumes contractualisés atteignent 42 600 tonnes. L’Irlande, l’Italie, la Belgique et le Royaume-Uni ont déjà consommé leurs allocations nationales. 77% du quota espagnol est contractualisé, soit 3 500 tonnes. Les demandes portées par la France atteignent 8 800 tonnes, soit 48% de son quota maximal et seules 6 630 tonnes ont été effectivement contractualisées.

France

  •        En juin, la collecte française est en recul pour le troisième mois consécutif, avec une baisse de 0,5%. Le dispositif CNIEL d’incitation financière à la limitation de production sur le mois d’avril visant à atténuer le pic de collecte saisonnier a donc joué son rôle en finançant près de 48 millions de litres non produits, bien qu’il ne soit pas l’unique facteur d’explication de cette réduction de collecte. Sur le premier semestre 2020, la collecte est presque à l’équilibre par rapport à 2019 (+0,1%). D’après les sondages hebdomadaires de FranceAgriMer, la collecte devrait repartir à la hausse sur les mois de juillet et août.
  •        Les cours des produits laitiers industriels sont relativement stables depuis quelques semaines. La cotation du beurre spot (nouveaux contrats) oscille autour de 3 400 €/t, tandis que les cours de la poudre de lait écrémé et de la poudre de lait entier sont respectivement autour de 2 050 €/t et 2 800 €/t.
  •        Les achats des ménages en magasins* restent dynamiques en juin, mais loin toutefois des niveaux atteints en pleine période de confinement. Les ventes sont en légère hausse pour les catégories de produits qui étaient en recul avant crise (lait de consommation et ultra-frais), plus fermes pour les autres, notamment la crème conditionnée. La réouverture progressive de la restauration commerciale et le début de la période estivale devraient contribuer à relancer la consommation hors foyer. Du côté des prix, les indices de prix de vente au consommateur sont relativement stables sur un an, voire à la hausse pour les laits (entier + 0,8 point et demi-écrémé + 0,5 point).

Le prix du lait standard conventionnel (hors AOP et bio) de FranceAgriMer (38 g/l MG – 32 g/l MP), en baisse depuis janvier (avec en partie un effet de saisonnalité), se redresse légèrement en juin 2020, s’établissant à 322 €/1000l.

* Panel IRI, périmètre hypermarché/supermarché/proximité/e-commerce pour les produits laitiers à poids fixe