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Conjoncture mensuelle

Retrouvez chaque mois la synthèse de la conjoncture établie par le CNIEL

Conjoncture Juin 2020

Monde

  •        La collecte cumulée des grands bassins laitiers exportateurs* poursuit sa croissance à un rythme moins soutenu en avril 2020, où elle est en hausse de 277 millions de litres par rapport au même mois de l’année précédente. L’essentiel de la hausse de collecte se fait aux Etats-Unis (+ 118 millions de litres), suivi de l’Union Européenne dont la croissance de collecte se tasse (+ 0,5% en avril 2020, soit 73 millions de litres supplémentaires). La collecte en Australie et en Argentine reste dynamique, alors qu’elle reste en retrait en Nouvelle-Zélande. 
  •        En avril 2020, période où la moitié de la population mondiale était en confinement, le commerce international de produits laitiers a ralenti. La demande de fromages a diminué. Si les exportations ont progressé en avril par rapport à avril 2019 au départ de l’UE (+5%), elles ont nettement reculé au départ des Etats-Unis (-19%) et de Nouvelle-Zélande (-21%). Dans le même temps, les importations ont baissé au Japon (-16%) et en Russie (-19%). La demande de beurre est également réduite. En effet, après une forte hausse des importations chinoises en début d’année, les importations d’avril sont en baisse par rapport au même mois l’année passée (-11%). La situation est similaire en Russie avec une baisse des importations de beurre de 25% sur la même période. Inversement, la demande de poudre de lait écrémé semble se renforcer en avril, de même que pour le butter-oil.   
  •        Les cotations des produits laitiers FOB Océanie restent volatiles. Les cours du beurre et du cheddar ont diminué entre mi-mai et mi-juin (-8% pour le beurre et -10% pour le cheddar) tandis qu’ils ont augmenté pour la poudre de lait écrémé (+8%) et la poudre de lait entier (+3%).

Europe 

  •        La hausse de la collecte européenne se tasse en avril (+0,5%) mais reste relativement élevée sur les 4 premiers mois de l’année (+ 1,2%). Comme attendu, la crise de la Covid-19 se ressent en avril sur les collectes allemande (+0,2%) et française (-0,7%). La Pologne voit également ralentir la croissance de sa collecte (+0,4%), tandis que les collectes de l’Irlande et du Royaume-Uni ne semblent pas particulièrement impactées par la situation en avril.    
  •        Les exportations européennes (UE28) sont dynamiques sur les 4 premiers mois de l’année, hormis pour la poudre de lait écrémé (-20% sur les 4 premiers mois). Les exportations de beurre sont en forte hausse (+72% sur 4 mois), de même que pour le lactosérum (+13%). Les exportations de fromage et de poudre grasse sont également à des niveaux élevés (9% pour les deux produits). L’Union Européenne à 28 connaît donc de bons résultats de commerce extérieur comparativement aux autres grands bassins exportateurs. Les résultats sont toutefois moins bons à l’échelle de l’UE 27 (hors Royaume-Uni) car les exportations vers le Royaume-Uni ont nettement reculé, notamment pour le fromage (-29% sur les 4 premiers mois), le beurre (-19%) et la poudre de lait entier (-20%).
  •        Le prix moyen du lait payé à la ferme en avril diminue légèrement en Allemagne. Aux Pays-Bas, le prix du lait payé aux producteurs baisse de nouveau en mai, la baisse atteint 9% entre février et mai.  
  •        La Commission Européenne a adopté des règlements d’exécution pour la mise en place de mesures d’aide au stockage privé pour les fromages, le beurre et la poudre de lait écrémé. Le dispositif a été ouvert en France par FranceAgriMer le 12 mai. En date du 15 juin, les demandes d’aide au stockage recensées au niveau européen totalisent 50 200 tonnes de beurre dont 17 600 tonnes par les Pays-Bas, 11 200 tonnes par l’Irlande et 11 100 par l’Allemagne, ainsi que 11 200 tonnes de poudre de lait écrémé, notamment en Allemagne, aux Pays-Bas et au Portugal (la France n’a fait aucune demande pour la poudre de lait écrémé). Pour les fromages, les volumes concernés atteignent 43 000 tonnes. L’Espagne, l’Irlande, l’Italie et le Royaume-Uni ont déjà consommé leurs allocations nationales. Les demandes portées par la France atteignent 5 880 tonnes, soit 32% de son quota maximal.

France

  •        La collecte française diminue en avril pour la première fois depuis juillet 2019 (-0,7% par rapport à avril 2019). Cette baisse est notamment marquée dans les bassins de production du Grand Ouest (-2,3%), de la Normandie (-0,6%) et du Nord-Picardie (-0,1%). Les régions du Massif Central et du Grand Est dont la collecte était faible en début d’année 2019, retrouvent des niveaux plus habituels cette année. Sur les 4 premiers mois de 2020, la collecte nationale reste en hausse de 0,8%. Le dispositif CNIEL d’incitation financière à la limitation de production sur le mois d’avril visant à atténuer le pic de collecte saisonnier a donc joué son rôle en finançant près de 48 millions de litres non produits, bien qu’il ne soit pas l’unique facteur d’explication de cette réduction de collecte. Le sondage hebdomadaire de FranceAgriMer indique une accentuation de la baisse de collecte par rapport à l’année dernière sur le mois de mai.
  •        Les cotations des produits laitiers industriels connaissent un rebond sur le dernier mois (entre mi-mai et mi-juin). Le cours de la poudre de lait écrémé est repassé au-dessus de 2 100 €/t et celle du beurre au-dessus des 3 200 €/t. Les cours de la poudre de lait entier se maintiennent depuis le début du mois de juin à 2 700 €/t et ceux du lactosérum à 730 €/t.
  •        Après une progression à deux chiffres des ventes en magasins* pendant la période de confinement, la consommation des ménages retrouve progressivement une situation plus habituelle. La consommation de crème reste élevée (+10 % en première semaine de juin) tandis que le beurre, l’ultrafrais et le fromage libre-service semblent retrouver des niveaux de consommation plus habituels. La réouverture de la restauration commerciale devrait contribuer à relancer la demande pour certains fromages (AOP, mozzarella pour pizza…) et pour les produits en gros conditionnement.
  •        Les indices de prix de vente au consommateur sont stables sur 1 an, excepté pour le beurre qui perd un point et le fromage (-0,4 point).
  •        Le prix du lait standard conventionnel (hors AOP et Bio) de FranceAgriMer (38g/l MG et 32g/l MP) baisse pour le troisième mois consécutif et s’établit en avril 2020 à 324 €/1000l soit 1,5% de moins qu’en avril 2019. En moyenne sur 4 mois, il est très proche de son niveau de 2019. Il reste au-dessus du prix allemand qui a reculé à 319 €/1000l en avril.

* Panel IRI, périmètre hypermarché/supermarché/proximité/e-commerce pour les produits laitiers à poids fixe

* : États-Unis / Argentine / Nouvelle-Zélande / Australie / UE à 28