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Conjoncture mensuelle

Retrouvez chaque mois la synthèse de la conjoncture établie par le CNIEL

Conjoncture au 23 septembre

Monde

  •        La collecte cumulée des grands bassins laitiers exportateurs* augmente de 112 millions de litres en juillet 2021 par rapport au même mois de l’année dernière. La collecte progresse encore aux Etats-Unis (+161 millions de litres) et en Argentine (+34 millions de litres) mais la hausse est moins importante en Nouvelle-Zélande (+18 millions de litres) malgré une croissance de 6,4% sur les 7 premiers mois de l’année. En revanche, elle régresse (-22 millions de litres) en Australie de même qu’en UE 27 (-79 millions de litres) pour la première fois depuis février.
  •        La demande de produits laitiers reste soutenue pour la plupart des produits. La Chine poursuit ses importations importantes de poudre de lait écrémé (+42% sur les 8 premiers mois) et de poudre grasse (+41% sur les 8 premiers mois). Les importations chinoises de beurre ralentissent un peu en août, tout en restant au-dessus du niveau de 2020 (+23% sur les 8 premiers mois). Après deux mois de ralentissement de la demande en lactosérum, celle-ci a rebondi en août. C’est bien ce pays qui tire la demande mondiale actuellement, même si les autres pays importateurs sont également actifs sur les marchés, notamment en ce qui concerne les importations de fromages au Brésil (+20% sur 8 mois), en Russie (+22% sur 7 mois) et aux Etats-Unis (+18% sur 7 mois). L’UE27 reste présente sur le marché du lactosérum, mais perd des parts de marché sur la plupart des autres produits au détriment des Etats-Unis et de l’Australie sur la poudre de lait écrémé et de la Nouvelle-Zélande sur la poudre grasse. Les Etats-Unis accroissent significativement leurs exportations de beurre (+133% sur 7 mois), notamment vers le Moyen-Orient.
  •        Le cours du beurre FOB Océanie poursuit sa hausse entre mi-août et mi-septembre et augmente de 150 $/t, s’établissant à 4 875 $/t à la mi-septembre. Le cours du beurre FOB Europe de l’Ouest suit la même tendance. En ce qui concerne les poudres de lait, après une période de baisse des cours FOB Océanie sur la période estivale, on observe un rebond des cotations à la mi-septembre. Alors que le cours de la poudre maigre a baissé d’environ 500 $/t sur l’été, on observe une hausse de 115 $/t début septembre. Sur la poudre grasse le rebond est moins important mais on note une stabilisation du cours FOB Océanie à 3 630 $/t à la mi-septembre, soit environ 225 $/t en dessous du cours de l’Europe de l’Ouest. Après un mois de stabilité, le cours du cheddar FOB Océanie augmente également à la mi-septembre et s’établit à 4 325 $/t. Les hausses observées témoignent de la forte demande sur les marchés internationaux à la rentrée.  

Europe 

  •        La collecte de l’UE27 a enregistré un recul en juillet de -0,6% par rapport au niveau record de juillet 2020. Le repli s’observe dans la plupart des pays européens, notamment la France (-1,9%), les Pays-Bas (-3,1%), la Pologne (-1,1%) et l’Allemagne (-1,3%). La collecte demeure cependant dynamique en Irlande (+3,3%).
  •        Au mois de juin, les exportations européennes (UE27) affichent une hausse d’un mois sur l’autre. Les évolutions par rapport au niveau de juin 2020 sont plus contrastées avec des envois stables pour la poudre maigre et les fromages et en repli pour la poudre grasse et le beurre. Sur le premier semestre, les envois de poudres sont en baisse, que ce soit la poudre de lait écrémé (-2%) ou la poudre grasse (-10%). C’est également le cas pour le beurre (-26%), qui est cependant plus en phase avec les volumes exportés en 2018 et 2019, les envois du premier semestre 2020 ayant été exceptionnellement hauts. A l’inverse, les expéditions de fromages (+1%) et la poudre de lactosérum (+7%) sont en hausse.
  •        La baisse saisonnière des cours n’a pas particulièrement eu lieu cette année dans la plupart des pays européens, avec des prix du lait qui reflètent (avec un décalage) les évolutions des marchés des commodités laitières. En juillet les prix du lait se situent, selon les pays, de 10 à 20% au-dessus de leur niveau de l’année dernière, mais ont tendance à se stabiliser voire à reculer dans certains pays (Pologne, Irlande, Pays-Bas).

France

France

  •        Portée par des conditions climatiques favorables et des niveaux plus bas en 2020, la collecte était en hausse de 1,2% sur le second trimestre 2021. Le mois de juillet est venu mettre un coup d’arrêt à cette dynamique, la collecte se repliant de 1,9% par rapport à son niveau de 2020. En moyenne, le cheptel était en recul de 1% par an entre 2015 et 2019. Mais depuis 2020, cette baisse s’est accélérée et est désormais plus proche de 2%. La collecte est en recul de 0,8% sur les 7 premiers mois de l’année et devrait être plus ou moins stable au mois d’août d’après les données de collecte hebdomadaire de FranceAgriMer.
  •        Après avoir atteint 2 600 €/t au début du mois de juin, la cotation de la poudre de lait écrémé a progressivement baissé jusqu’à atteindre 2 450 €/t début août. Elle s’est reprise depuis, atteignant de nouveau 2 600 €/t à la mi-septembre. La cotation beurre Cniel est relativement stable depuis le début du mois de juin, oscillant entre 4 000 et 4 100 €/t. Suivant la tendance observée sur la poudre de lait écrémé, la cotation de la poudre de lait entier a également décroché pendant l’été, avant de repartir à la hausse et de se situer aux alentours de 3 200 €/t au mois de septembre.
  •        La dynamique des exports français s’essouffle un peu au mois de juillet, où les plus grosses catégories (en valeur) sont à la baisse, comme les fromages (-1% par rapport à juillet 2020) ou les laits infantiles (-37%). Grâce à la hausse des cours, les exports de poudre de lait écrémé progressent bien sur ce mois (+21%). Au total, les exports français s’établissent à 4,35 milliards euros sur les 7 premiers mois de l’année, en hausse de 2,2% par rapport à la même période de l’année précédente. Seuls quelques produits sont en retrait, dont le lait conditionné (-22% sur 7 mois 2021) ou les laits infantiles (-11%). En volume, les exports de fromages se maintiennent bien (+1% sur 7 mois 2021), en parallèle d’envois de poudre de lait entier (+15%) et de crème vrac (+19%) en forte augmentation.
  •        Les prix des produits alimentaires sont en hausse au mois d’août (+1,7 points par rapport à août 2020), tandis que ceux du lait/fromages/œufs sont stables depuis mai 2019 (indice compris entre 103,5 et 104,5 sur la période). Au sein de cette catégorie, la hausse est modérée pour le lait demi-écrémé (+1 point par rapport à août 2020) et des baisses sont enregistrées pour le beurre (-0,9 point) et les yaourts (-0,8 point). Sur la période janvier-juillet 2021, les ventes en GMS* sont en recul de 1% en valeur, baisse qui concerne l’ensemble des catégories excepté l’ultra-frais (+1,1%). Pour rappel, les ventes avaient très fortement augmenté lors du confinement mis en place en mars 2020, et si l’on compare les chiffres de 2021 par rapport à 2019, toutes les catégories progressent.
  •        À 350 €/1000 litres, le prix du lait standard (38 g/l MG – 32 g/l MP) conventionnel (hors AOP et bio) de FranceAgriMer poursuit sa hausse au mois de juillet, atteignant son point le plus haut depuis que cette série est enquêtée. La baisse saisonnière du prix du lait français a été relativement effacée cette année, la hausse des cours des commodités laitières ayant été répercutée sur le prix payé aux producteurs avec un certain décalage.

* Panel IRI, périmètre hypermarché/supermarché/proximité/e-commerce pour les produits laitiers à poids fixe