Accès adhérents
mot de passe oublié Devenir adhérEnt

Conjoncture mensuelle

Retrouvez chaque mois la synthèse de la conjoncture établie par le CNIEL

Conjoncture au 23 juillet 2021

Monde

  •        La collecte cumulée des grands bassins laitiers exportateurs* augmente de 726 millions de litres en mai 2021 par rapport au même mois de l’année dernière, soit une hausse de 3,1%. La collecte progresse maintenant dans l’ensemble des pays de la zone, en particulier aux Etats-Unis (+387 millions de litres, soit 53% de la hausse des bassins exportateurs), mais également en UE27 (+226 millions de litres) et en Nouvelle-Zélande (+67 millions) qui est pourtant dans son creux de collecte saisonnier. Dans une moindre mesure, l’Argentine (+30 millions de litres) et l’Australie (+17 millions de litres) participent également à cette augmentation.
  •        Malgré la saison estivale dans l’hémisphère nord, la demande de produits laitiers reste soutenue pour la plupart des produits. La Chine, de manière assez inhabituelle, est encore présente à cette époque de l’année, que ce soit sur la poudre de lait écrémé (+47% sur 6 mois 2021), la poudre grasse (+29%), et le beurre (+21%), tandis que la dynamique retombe un peu pour la poudre de lactosérum (+45% malgré tout). C’est bien ce pays qui tire la demande mondiale actuellement, même si les autres pays importateurs sont également actifs sur les marchés (Brésil +60% sur la poudre grasse sur 5 mois, Etats-Unis +8% sur le fromage). L’offre est présente et la compétition importante, en partie au détriment de l’UE27. Sur la poudre de lait écrémé, les Etats-Unis et l’Australie tirent leur épingle du jeu (+16% et +42% respectivement), tandis que sur la poudre grasse ce sont la Nouvelle-Zélande (+10%), l’Argentine (+21%) et l’Australie (+50%) qui sont présents.
  •        Monté plus haut que le beurre européen, le cours du beurre FOB Océanie a chuté de 1 250 $/t depuis la mi-avril, atteignant 4 550 $/t début juillet. La dynamique est peu différente pour les poudres. Le cours de la poudre de lait écrémé FOB Océanie a légèrement baissé depuis début juin et s’établit à 3 325 €/t début juillet. Concernant la poudre grasse, le cours FOB Océanie est stable depuis plusieurs semaines et oscille entre 4 000 et 4 100 $/t.

Europe 

  •        La collecte de l’UE27 poursuit sa hausse au moins de mai où elle atteint 13,45 milliards de litres (+1,8% par rapport à mai 2020), ce qui représente un record mensuel depuis que l’UE est passé à 27 pays. En conséquence, elle augmente de 0,4% sur les 5 premiers mois de l’année. En mai, la collecte est en croissance dans la majeure partie des pays de la zone, mais ce sont notamment l’Irlande (+6,1%), l’Italie (+4%), la France (+2,6%) et la Pologne (+1,5%) qui tirent cette hausse. Après plusieurs mois de recul, la collecte se stabilise en Allemagne et aux Pays-Bas.
  •        Les exportations européennes (UE27) ont légèrement baissé en avril par rapport au mois de mars, excepté pour le lactosérum. Sur les 4 premiers mois de l’année, les envois de poudre de lactosérum sont en hausse de 12%, portés par la demande chinoise. Pour les fromages, la progression est limitée à 1% sur la même période. En revanche, les envois sont en recul pour la poudre de lait écrémé (-2% sur 4 mois), la poudre grasse (-6%) et le beurre (-25%). Les exports continuent en partie de souffrir du peu de disponibilités découlant d’une moindre collecte en début d’année, mais également de la compétitivité états-unienne.
  •        La baisse saisonnière du prix du lait est peu perceptible en mai dans la plupart des pays européens, où la hausse des cours des commodités se répercute sur le prix payé aux producteurs. Il progresse aux Pays-Bas (+4% en mai par rapport à avril), en Allemagne et en Irlande (+2%) et se stabilise en Pologne.

France

  •        La collecte était en fort repli sur le début d’année 2021, dans la suite de la tendance observée en fin d’année 2020. Elle s’est reprise depuis, se stabilisant en avril et progressant assez nettement en mai (+2,6% par rapport à mai 2020). Seuls le sud et le sud-ouest du pays sont en recul sur le mois de mai. Cette hausse peut s’expliquer en partie par une mise à l’herbe précoce des animaux avec de bonnes conditions de pousse d’herbe en début de printemps. De plus, le programme d’aide à la réduction de la production mis en place par le Cniel en avril 2020 a pu avoir un effet à la baisse sur les volumes de mai 2020 également, autre facteur pouvant expliquer la hausse marquée de cette année. La collecte reste en baisse de 1,2% sur les 5 premiers mois de l’année, et devrait être à la hausse sur le mois de juin.
  •        Après avoir atteint 2 600 €/t à la mi-juin, la cotation de la poudre de lait écrémé est en léger repli depuis, perdant près de 100 €/t à la mi-juillet. La période estivale est généralement calme mais les faibles stocks à l’échelle européenne soutiennent les cours. La cotation beurre Cniel oscille entre 4 000 et 4 100 €/t depuis plusieurs semaines. Après s’être maintenue autour des 3 250 €/t pendant deux mois, la cotation de la poudre grasse baisse légèrement depuis quelques semaines, s’établissant à 3 150 €/t à la mi-juillet.
  •        Sur les 5 premiers mois de l’année, les exports français s’établissent à 3,11 milliards euros, en hausse de 3,2% par rapport à la même période de l’année précédente. Ce sont principalement les fromages (+4% pour 40% du total des exports), la crème (+29%) et les yaourts (+35%) qui tirent les exports. En volume, les exports de fromages se rétablissent après la chute du début d’année 2020 (+1% sur les 5 premiers mois 2021). Les envois de poudres de lactosérum et de lait entier sont plutôt dynamiques (+12% et +15% respectivement), tandis que ceux de poudre de lait écrémé peinent un peu plus (-2%).
  •        Les prix de vente au consommateur progressent en juin pour le lait demi-écrémé (+1,2 points par rapport à juin 2020) et les fromages (+1 point), dans un contexte ou les prix des produits alimentaires sont en recul (-0,4 point). De janvier à mi-juin, les ventes en GMS* augmentent en valeur pour les fromages (+0,3%) et l’ultra-frais (+1,1%), tandis que le recul est important pour le lait liquide (-3,9%) et le beurre (-3,9%), compte tenu de la forte progression des ventes en P4 et P5 2020.
  •        Le prix du lait standard (38 g/l MG – 32 g/l MP) conventionnel (hors AOP et bio) de FranceAgriMer continue de progresser en mai, s’établissant à 331 €/1000 l. La baisse saisonnière du prix du lait français est relativement effacée, la hausse des prix des commodités laitières ayant été répercuté sur le prix payé aux producteurs avec un certain décalage.

* Panel IRI, périmètre hypermarché/supermarché/proximité/e-commerce pour les produits laitiers à poids fixe

FNPL 

Le prix conforme des deux derniers mois continue sa progression, suivant l’évolution positive des marchés du beurre et de la poudre maigre. La prix allemand retrouve également des couleurs et participe à hausse du prix conforme.

Dans le cadre de la proposition de loi visant à protéger la rémunération des producteurs, un article de la partie contractualisation amont précise :L’écart au prix conforme des laiteries s’explique par la non prise en compte du prix de revient dans les formules de prix et les correctifs environnements appliqués. La FNPL continue de s’impliquer pour que l’indicateur de prix de revient du CNIEL soit inscrit dans les formules de prix.

« Clauses d’alignement concurrentiel : interdiction et sanction des clauses qui permettent à un acheteur de produit agricole de revoir à la baisse le prix d’achat dès lors qu’un concurrent baisse son prix (amendements n°171 + n°162). »