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Stratégie nationale de lutte contre la déforestation importée

Qu'est-ce que c'est ? Pourquoi la profession agricole doit-elle se mobilliser?

Une consultation publique est en cours jusqu’au 24 juillet 2018 sur la Stratégie nationale de la lutte contre la déforestation importée (SNDI). Cette stratégie est issue du plan climat de Nicolas Hulot lancé il y a un an.

De manière générale, ce sont les impacts des produits agricoles sur la déforestation qui sont le plus traités dans cette SNDI : l'exploitation du bois est à peine abordée (car déjà couverte par d'autres engagements) et les autres causes ne sont pas citées. La SNDI focalise pour l'instant sur plusieurs produits agricoles : Le soja ; l’huile de palme ; la viande bovine ; le cacao ; l’hévéa, puis d'autres filières jugées moins prioritaires devraient être traitées.

Refuser les importations qui ne correspondent pas aux normes françaises est l'une de nos revendications phare. Dans le cas de la SNDI, bien que ce soit l'aspect déforestation hors territoitre français qui est traité, les solutions viennent bien de notre agriculture et de la consommation de tous.

A signaler en priorité :

  • Une pression est faite par les ONG sur les Biocarburants G1, qui profitent de ce texte pour remettre en cause les plafonds d’utilisation actés le 15 juin dernier par le Parlement et Conseil Européen sur la directive européenne sur les énergies renouvelables « RED II ».
  • Un autre enjeu important concerne plus directement les filières animales, en particulier sur la nécessité de satisfaire les besoins en matières premières pour la fabrication d’aliments. Il nous faudra rappeler à certains activistes extremistes que ce n'est pas la consommation de viande qui pose problème en quantité, mais la qualité de la viande en question, tout particulièrement son origine.

Pour participer

Attention, les copiés-collés ne sont pas pris en compte

Eléments de réponse

La FNSEA et la FDSEA21 vous proposent quelques arguments

N'hésitez pas non plus à apporter vos propositions originales et personnelles, c'est le but d'une consultation publique !

NON à l'amalgame entre la déforestation importée issue de l'huile de palme et TOUS les biocarburants (ou agrocarburants)

Notamment ceux de première générations issus d'huiles françaises qui participent à la diversité de cultures, à notre indépendance énregétique mais aussi protéique, à l'emploi dans nos campagnes, à l'entretien du territoire...

  • La position de la France sur la directive européenne « énergies renouvelables » (RED II) a permis pour l'instant de ne pas condamner les biocarburants de 1ere génération, ce qui aurait stoppé la filière avant même que la 2nde génération ne soit opérationnelle.
  • Les biocarburants français :
    • Ne participent pas à la déforestation en France et en Union Européenne,
    • N’entrent aucunement en concurrence avec la consommation alimentaire en France et en UE,
    • Permettent une diminution de 60 % des émissions de gaz à effet de serre par rapport aux carburants fossiles.
    • Contribuent à ancrer près de 30.000 emplois dans les territoires ruraux ;
    • Contribuent directement à la sécurité énergétique de la France et l’UE ;
    • Contribuent à l’indépendance alimentaire grâce à ses co-produits à haute teneur en protéines pour l’alimentation animale, seule alternative aux tourteaux de soja, souvent OGM, importés des USA ;
    • Sont porteurs de nouveaux débouchés pour les agriculteurs ou pour de nouveaux secteurs comme la chimie verte.

 Oui à l'accroissement de l'autonomie protéique de la France

  • Les productions françaises riches en protéines (tourteaux de colza, luzerne...) permettent de réduire nos importations de soja etranger, qui participe à la dégorestation. De plus, nos productions représentent quaisment la totalité de l'alimentation animale sans OGM. Continuons donc à faire d'une pierre 2 coups avec un plan protéine ambitieux
  • Il faut assurer des débouchés pour tous les coproduits issus d’une transformation visant à séparer les différentes parties d’une matière première (ex. huile / protéines), pour la viabilité économique des entreprises. Les biocarburants de 1ère génération en font partie. Par exemple, pour le colza, la valorisation des tourteaux seuls est insuffisante.
  • Malgré tout, nous trouvons appropriée la position mesurée qui consiste à coopérer avec les pays producteurs et les accompagner vers une démarche de production durable ; plutôt que de bannir brutalement ces productions des importations françaises, ce qui serait irréaliste et risquerait de remettre en cause la pérennité de nos élevages français, car nos productions ne peuvent pas se permettre de se passer immédiatement et brutalement de protéines étrangères.

 

Oui à l'élevage français

L'élevage français doit perdurer, car il présente de multiples intérêts, il a déjà commencé à réduire la part de protéines importées et il continuera, via des filières vertueuses à tous points de vue, si on lui en donne les moyens.

  • Intérêt de l’élevage et des productions animales : entretien des paysages, économie des territoires, débouché pour les coproduits de la 1ère transformation (engageant la viabilité économique des filières et favorisant une économie circulaire), équilibre nutritionnel alimentaire, valorisation de l'herbe et donc des prairies dans des zones défavorables à la culture ou à enjeux environnementaux forts (13 millions d’hectares de prairies sur le territoire français, soit 45 % de la SAU, dans des zones qu’il est souvent difficile de cultiver) …
  • Il vaut mieux focaliser les actions sur la promotion de pratiques responsables et les encourager pour qu’elles se déploient (approche positive), plutôt que d’avoir pour objectif la diminution de la consommation. Privilégier les productions animales locales françaises.
    • Faciliter la reconnaissance des produits français par les consommateurs en favorisant le déploiement de l’étiquetage de l’origine. Mettre en avant avec un étiquetage « Produit en France ».
    • Favoriser une relocalisation de l’approvisionnement de la restauration collective au bénéfice des produits de nos territoires par une commande publique responsable.

 

Oui à l'inclusion de la lutte contre la déforestation dans les accords internationaux 

Nous soutenons cette proposition et souhaitons que la France pèse davantage sur les accords internationaux.

  • Pour cela elle doit créer des synergies au niveau de l’Union européenne qui a la main sur les négociations, en veillant à ne pas impacter négativement la compétitivité de ses productions animales (conduisant à l’importation de produits animaux)
  • Au-delà des enjeux liés à la déforestation c’est l’ensemble des méthodes de production que la France et l’UE doivent faire valoir dans les négociations internationales pour lutter contre les distorsions de concurrence.