Accords de libre échange UE/ Mercosur et UE/ Thaïlande : Des menaces pour l'agriculture francaise
Alors que Berlin presse Bruxelles pour signer au moins de décembre l’accord commercial entre l’Union européenne et le Mercosur, l'éxécutif francais se montre de plus en plus favorable.
Emmanuel Macron a d'ailleurs indiqué que si Paris attend encore la phase de finalisation menée par la Commission européenne avant de donner son feu vert, il a précisé que "les clauses de sauvegarde, le renforcement des controles douaniers, les soutiens à l'elevage, beaucoup de mesures d'accompagnement, aussi un meilleur controle des produits sanitaires et phytosanitaires qui entrent sur notre sol sont en train d'etre mis en place". « Tout cela va dans le bon sens », a-t-il estimé hier, tout en précisant que la France attend la mise en œuvre concrète et la notification officielle de ces mesures aux pays du Mercosur avant d’envisager une ratification.
Par ailleurs, pendant que le Mercosur occupe le devant de la scène, un autre accord de libre-échange se prépare en silence : celui entre l’Union européenne et la Thaïlande. Sans débat public, sans communication officielle, Bruxelles négocie un traité qui pourrait frapper de plein fouet la filière avicole française.
Derrière les discours sur la “diversification des échanges”, l’enjeu est clair : ouvrir davantage le marché européen aux produits thaïlandais. La Thaïlande exporte déjà massivement ses préparations à base de poulet — nuggets, émincés, plats industriels — à prix cassés. Avec la baisse des droits de douane, ces produits inonderont encore plus nos assiettes, au détriment de nos éleveurs.
En 2025, un poulet sur deux consommé en France est importé et si les nouvelles règles d'étiquetage obligatoire entendent rassurer le consommateur, les produits transformés eux y échappent toujours. Les importations européennes de viande de volaille ont grimpé de +11 % au premier semestre, dominées par le Brésil (38 %) et la Thaïlande (19 %).
Pendant ce temps, nos éleveurs se battent pour maintenir la production : +2,4 % en six mois, 400 nouveaux poulaillers prévus d’ici cinq ans… mais la filière reste fragilisée, freinée par les coûts, les normes et le rejet local des élevages.