Conditions de travail en agriculture : un nouvel accord national pour renforcer l’attractivité des métiers
Les partenaires sociaux de l'interbranche agricole ont signé, le 10 février 2026, un nouvel accord national sur les conditions de travail et d'emploi. Ce texte remplacera l'accord de 2008 après son extension et s'appliquera à l'ensemble des employeurs et salariés des secteurs de la production agricole, des Cuma, des travaux agricoles et forestiers, du paysage, du teillage du lin ainsi que de la filière bois et forêt.
Contrairement à ce que l'on pourrait penser, cet accord ne crée pas de nombreuses nouvelles obligations pour les employeurs. Il rappelle principalement les règles déjà existantes et propose des pistes concrètes pour améliorer l'organisation du travail et l'attractivité des entreprises.
L'accord rappelle d'abord que chaque employeur a l'obligation d'assurer la sécurité et de protéger la santé physique et mentale de ses salariés. Cela passe notamment par la réalisation et la mise à jour du document unique d'évaluation des risques professionnels (DUERP), la mise à disposition des équipements de protection individuelle nécessaires, l'organisation de la formation à la sécurité et la prévention des risques liés aux conditions de travail.
Le texte insiste également sur plusieurs sujets devenus incontournables dans les entreprises agricoles. Les employeurs doivent notamment prendre en compte les risques liés aux fortes chaleurs, prévenir les situations de harcèlement et de discrimination, et rechercher des solutions adaptées lorsqu'un salarié est confronté à une situation de handicap.
Au-delà de ces obligations, l'accord encourage les entreprises à mettre en place des pratiques favorisant l'intégration et la fidélisation des salariés. Il recommande par exemple de prévoir un véritable accueil des nouveaux embauchés afin de leur présenter l'entreprise, leur poste de travail, les règles de sécurité et les personnes ressources. Cette démarche n'est pas une nouvelle obligation réglementaire, mais elle est considérée comme un facteur important de réussite de l'intégration.
L'accord invite également les employeurs à s'interroger sur leur organisation du travail. Il encourage le dialogue avec les salariés, l'amélioration des pratiques managériales et la recherche de solutions permettant de concilier les besoins de l'entreprise et les attentes des équipes. L'objectif est de limiter les difficultés de recrutement et de fidéliser les salariés dans un contexte où la main-d'œuvre devient plus difficile à trouver.
Les partenaires sociaux rappellent enfin que les entreprises ne sont pas seules pour agir. Les conseillers en prévention de la MSA, les CPHSCT, les représentants du personnel lorsqu'ils existent et les branches professionnelles peuvent accompagner les employeurs dans leurs démarches. Des aides financières de la MSA peuvent également être mobilisées pour certains investissements ou actions de prévention.
En définitive, ce nouvel accord doit être vu moins comme un texte créant de nouvelles contraintes que comme un guide pratique pour aider les entreprises agricoles à améliorer leurs conditions de travail. Son ambition est de faire des conditions de travail un levier de sécurité, de fidélisation des salariés et d'attractivité des métiers agricoles.