Evolution de la DNC : mise à jour au 24/10
Un nouveau foyer dans le Jura a été détecté ce jour. En raison de sa proximité avec le premier cas de DNC dans cette zone, soit à moins de deux kilomètres, la surface de la zone réglementée (ZR5) pourrait ne pas évoluer. Nous attendons davantage de précisions.
Pour rappel les mesures à mettre en place pour les élevages en zone de surveillance sont d'une part l'interdiction stricte de mouvements des bovins, d'autre part le renforcement des mesures de biosécurité : limitation des intervenants, désinfection/désinsectisation, gestion des vecteurs… et enfin accentuer la surveillance : la détection précoce de tout signe clinique (fièvre, abattement, larmoiement, chute de production, nodules) reste le meilleur atout pour endiguer la maladie ! Cliquez sur la carte pour en savoir plus.
En revanche aucun changement n’est à signaler pour la zone réglementée en vigueur dans les Pyrénées-Orientales. De bonnes nouvelles viennent clore cette semaine puisqu'une partie de la zone réglementée (ZR1), mise en place après la détection de cas dans l’Ain, la Savoie et la Haute-Savoie, a pu être levée grâce à la campagne de vaccination. La situation s’est également améliorée dans le Rhône, où la zone de protection a été reclassée en zone de surveillance.
Le principe est identique : la vaccination de tous les bovins va être déployée. Les vaccins sont disponibles en quantité suffisante et pris en charge intégralement par l’État. A ce jour, l'Etat semble prêt à réagir vite pour continuer la prévention et donc éviter au maximum les abattages. La vigilance s'impose à tous, car la détection précoce des foyers et la mise en oeuvre de mesures appropriées est la clé de la lutte contre la DNC. Avec la FNSEA, nous continuons le travail pour s'assurer du meilleur suivi possible, d'indemnisations à la hauteur des pertes, de soutien des éleveurs touchés, et de repeuplement dès que c'est possible.
Les fake news à clairifier sur la DNC :
Lorsqu'un animal est infecté, toutes les bovins de l'exploitation sont euthanasiées : faux, les abbattages sont gérés par "lots d'animaux", uniquement ceux présents sur un même site. Ce qui explique pourquoi il y a 79 foyers recencés répartis dans 47 élevages au total.
Les Suisses ne font pas de dépeuplement lorsqu’il y a un cas de DNC : faux pour l’instant il n’y a eu aucun cas en Suisse !
Les Suisses font vacciner tous leurs troupeaux : faux, pour l’instant ils ne vaccinent que les cantons limitrophes aux départements français (zone règlementée de 50km comme chez nous) et ce sont les français qui fournissent les vaccins.
La DNC est une maladie vectorielle peu contagieuse : archifaux justement c’est la spécificité de cette maladie qui est très contagieuse et ne doit pas être comparée aux FCO.
La stratégie de lutte collective est efficace contre la DNC, les derniers cas relevés sont liés aux non-respects des règles de transports d’animaux.
La maladie en détails
La maladie ne se transmet pas à l’homme mais elle est très préjudiciable à la santé des bovins et se transmet par les mouches ou taons. Les bovins ont de la fièvre et des nodules sur la peau.
Conformément au droit européen qui impose l’éradication de cette maladie (classé catégorie A), par arrêté préfectoral de déclaration de l’infection, les foyers ont été dépeuplés afin d’éviter que cette maladie ne s’installe et ne se dissémine.
Une zone réglementée d’un rayon de 50 kilomètres instaure des mesures de prévention par renforcement de la surveillance vétérinaire, ainsi que des restrictions notamment sur le déplacement des bovins visant à éviter que la maladie ne se diffuse.
Les zones reglementées
Mouvements :
Les règles pour les mouvements sont très strictes : interdiction de mouvement des bovins au sein de la zone règlementée (composée de la zone de protection (20km),et de la zone de surveillance (50km) ).
La FNSEA a réussi a obtenir des dérogations pour les mouvements spécifiques comme :
- les descentes d'estive dans la ZR
- les mouvements des veaux vers des ateliers d'engraissement au sein de la ZR
- les vaches prêtes à vêler ou ayant récemment vêlé,
- les bovins accidentés ou malades (hors suspicion de DNC),
- ou encore le changement de pré au sein de la ZS, ont pu être autorisés à plusieurs conditions sous motifs de respect du bien-être animal et impossibilité de poursuivre la période d’estive
Les avancées concernant les indemnisations :
L’Etat a pris des mesures sur l’indemnisation et s’est engagé à régler des acomptes durant la procédure d’expertise, une fois les mesures liées aux APDI levées, ce qui permettra aux éleveurs de soulager leurs trésoreries.
Également, une demande forte de nos réseaux à nouveau réaffirmée ce mois-ci au Sommet de l'élevage : une meilleure indemnisation des pertes indirectes (production de lait et cas des broutards). Si les éleveurs peuvent d'ores et déjà bénéficier des indemnisations pour pertes de production durant toute la période entre l’abattage des animaux et la levée de la zone de restriction, à laquelle s’ajoute une période de 3 mois ainsi que la durée d’interdiction de remise en place des animaux, la FNSEA et les JA continuent de plaider pour un repeuplement dans de meilleures conditions financières.
Par ailleurs, un arrêté daté du 18 juillet détaille les modalités d’indemnisation des propriétaires d’animaux éliminés et des produits détruits sur ordre de l’administration :
- Prise en charge par l’État des opérations vétérinaires obligatoires (diagnostic, prélèvements, euthanasie, vaccination) et des déplacements associés.
- Indemnisation des animaux abattus à leur juste valeur, incluant valeur de remplacement et pertes liées à la production (lait, viande, etc.), conformément à l’arrêté du 30 mars 2001 qui encadre cette estimation sur la base d’expertises techniques :
- Lait : basée sur la production commercialisée sur la période de l'année précédente correspondant aux six mois suivant la date de l'expertise, au prix de vente moyen réalisé sur cette période, diminué du coût des concentrés alimentaires.
- Viande : différence entre la valeur bouchère attendue au terme de l'engraissement des animaux entretenus pour être abattus pour la boucherie dans un délai maximum de six mois et leur valeur marchande objective à la date de l'expertise, après déduction du coût de leur alimentation.
- Prise en charge des opérations de nettoyage, désinfection et élimination des cadavres.
- Participation totale de l’État à la vaccination d’urgence sur les zones concernées, intégrant la gestion, stockage et administration des vaccins par les vétérinaires mandatés.
FNSEA, JA, FNB, FNPL soulignent ces mesures comme des avancées significatives obtenues grâce à leurs revendications.
La FNSEA reste proactive pour soutenir les éleveurs tout en protégeant la ferme France :
- Dérogations aux mouvements, concernant les retours d’estives et les mouvements d’animaux à destination d’engraissement (veaux laitiers et broutards) pour obtenir les sorties de ZR vers ZI, avec toute la vigilance nécessaire. Il faut noter, que seuls les animaux vaccinés seront autorisés à être déplacés vers la ZI.
- Versement d’avance de pertes d’exploitation : pertes de productions liées aux
immobilisations et au dépeuplement - Indemnisations à leur juste valeur de toutes les pertes directes et indirectes liées à la
DNC pour tous les éleveurs de la ZR (foyers ou non) au-delà des trois mois réglementaires. - Exonérations fiscales et sociales des indemnisations pour abattage
- Dispositif spécifique veaux et broutards (en cas d’impossibilité d’engraissement).
Pour en savoir plus, consultez :
- La fiche sur la dermatose Nodulaire Contagieuse du GDS
- Le guide pratique sur la DNC par le Ministère de l'Agriculture
- Un guide des produits de nettoyage, désinfection et lutte anti-vectorielle