Loups : les évolutions reglementaires doivent être complétées dans la Loi d'urgence !
La FNSEA fustige les nouveaux textes publiés par le gouvernement, qui sont encore loin des attentes de la profession.
Alors que nous l’avions fortement décrié, le gouvernement se contente d’une hausse dérisoire du seuil annuel de prélèvements, faisant passer le plafond de 19% à 21% (le nombre maximal de loups pouvant être prélevés passe de 192 en 2025 à 227 en 2026, et jusqu’à 248 en cas d’activation du mécanisme complémentaire de 2%, celle-ci n’ayant encore jamais eu lieu). En conséquence, de nombreuses contraintes sont maintenues pour garantir le respect du quota.
Le préfet coordinateur conserve de nombreux pouvoirs pour bloquer les tirs. L’intervention des louvetiers et de l’OFB sur des élevages non protégés ou sans mesures de réduction de vulnérabilité est réservée aux seuls élevages ayant subi des dommages exceptionnels ou s’engageant à se protéger dans les 12 mois. Les tirs pouvant être mis œuvre sur déclaration par les éleveurs ovins et caprins sont subordonnés à la réception d’un récépissé qui ressemble à un régime d’autorisation qui ne dit pas son nom. L’usage de lunettes de tirs à visée thermique reste interdit pour les éleveurs, ainsi que la mise en œuvre des tirs dans les parcs nationaux et réserves naturelles. Des incertitudes demeurent sur le cadre applicable aux tirs de défense octroyés aux élevages de bovins et d’équins, et le gouvernement conditionne l’application d’un régime déclaratif pour ces espèces à l’adaptation des dispositions de la loi d’orientation agricole du 24 mars 2025 qui renvoient selon lui à une autorisation. Pour finir, l’Etat conditionne désormais l’indemnisation des éleveurs de cercle 2 ayant subi plus de deux attaques à la protection de leur exploitation.
Il est injuste de lésiner sur le dos des éleveurs pour des raisons budgétaires, alors que le montant des indemnités n’a jamais été à la hauteur des pertes enregistrées et qu’aucune solution pragmatique n’est à ce jour proposée pour l’élevage. Le gouvernement doit affronter la réalité et supprimer le quota annuel de prélèvements, unique moyen d’aider les éleveurs pastoraux.
Nous attendons bien plus de la loi d’urgence.